Observer Sans Juger ( par Lucile)

Mis à jour : mars 21

"S’il y a une notion qui me tient particulièrement à cœur c’est bien celle-là. Tout simplement parce que c’est l’une des plus complexes à mettre en place et qui, pourtant, peut vraiment faire la différence aussi bien dans notre pratique du yoga, que dans notre relation à notre corps et à l’Autre.


On commence par soi-même

Je ne sais pas pour vous, mais quasiment chaque matin avec l’aide du premier miroir que je croise, je me dépose un jugement fort peu flatteur pour bien démarrer la journée: « Olaaa ! Mais qu’elle mine de déterrée ! ». Avec cette simple phrase, je me colle une étiquette qui va me suivre partout et pour le reste de la journée. Le pire, c’est que je le fais sans même en avoir conscience ! C’est limite de l’ordre du réflexe.

Cette façon de se juger, nous l’apprenons très jeune. Nous apprenons à penser, dire et faire les choses pour être accepté et validé par la communauté (cette communauté étant aussi bien la famille, l’école, ou même la société de manière plus générale). L’auto-jugement est quelque part une forme de protection puisque nous anticipons ce que nous pensons que les autres vont penser de nous.

Vous saisissez la subtilité de ma dernière phrase ? En gros, nous pensons à la place des autres.

Nous n’avons en réalité aucun moyen de savoir ce que les autres pensent. Et même lorsqu’ils donnent leur avis, cela leur appartient. Commencer à s’observer soi-même sans jugement nous enlève déjà un sacré poids puisque nous retirons toutes nos étiquettes pour mieux nous reconnecter à qui nous sommes réellement avec plus d’objectivité.



Mode pilote automatique désactivé

Tout au long d’une journée, nous sommes en mode « pilote automatique » et effectuons ce que nous avons à faire sans nous poser plus de question. D’ailleurs bien souvent, nous oublions totalement nos besoins fondamentaux (qui sont différents des besoins vitaux) comme le mouvement, l’apprentissage, la créativité, etc. Le corps est un peu comme un enfant qui ne sait pas encore parler : il montre les choses, insiste et si nous ne comprenons pas il s’énerve ET BIM ! les douleurs commencent à pointer leur nez.

C’est pourquoi avant de démarrer l’enchaînement des asanas, il est important de prendre quelques instants pour faire le check de ce qui va ou non. En prenant conscience des sensations que notre corps nous envoie, nous pourrons mieux lui répondre. Donc au lieu de « penser » l’observation, il vaut mieux la « sentir » : s’asseoir, fermer les yeux et laisser les sensations venir.

Par exemple, si vous avez une douleur régulière, vous vous attendez à la sentir. Pourtant, qui vous dit qu’elle sera là au début et/ou à la fin de votre journée? La magie est que chaque jour, nous nous réveillons dans un nouveau corps. Les constatations de la veille, appartiennent à la veille et seront peut-être différentes pour aujourd’hui. Et heureusement !

D’ailleurs, en parlant de douleurs, cette observation peut se faire à n’importe quel moment de la journée. Je pense, par exemple, aux personnes aillant mal dans la région cervicale/ haut du dos : faire cette pause peut vous permettre de faire attention à votre positionnement et peut-être de réaliser qu’il est temps de vous étirer, de regarder ailleurs que votre écran, de vous redresser etc.


Ouvrir les yeux plus grand

Vous l’aurez compris, observer sans juger c’est non seulement réapprendre qui nous sommes mais également se montrer bienveillant envers soi-moi mentalement et physiquement. Plus nous sommes à l’écoute de nous-même, plus nous arrivons à nous détacher de l’approbation de la communauté. Quelle liberté, vous ne trouvez pas ?! Cette liberté, c’est aussi accepter de nous responsabiliser. Choisir en fonction de ce que nous voulons/ avons besoins et non plus en fonction de ce qu’il nous a été dit.

Par extension, nous rendons aux autres leur liberté d’agir et de penser comme ils le souhaitent. A partir du moment que cela n’empiète pas sur notre propre espace, nous n’avons pas à intervenir. Observer sans juger, c’est donc reconnaître les limites de notre champ d’intervention. Les choix, pensées et actions des autres appartiennent aux autres.

A chaque fois que l’on pose un jugement, nous pouvons nous demander « pourquoi ce jugement ? M’est-il utile ? A quelle peur est-ce que cela me renvoie ? ». Cette autodiscipline, nous en apprend plus sur nous, allège nos pensées de ce qui nous est inutile et de tout ce qui est hors de notre contrôle. Bref, c’est prendre de la distance et regarder les choses sous un nouvel angle. Nous ouvrons les yeux plus grand pour revenir dans l’instant présent. Ce qui simplifie grandement la vie.


J’ai donc finalement pris la décision de sourire à mon miroir plutôt que de me juger, sacré gain de temps et d’énergie !"


Texte rédigé par Lucile de Fun&Yoga


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