Plaidoyer pour le Corps (par Lucile de Fun&Yoga)

"Le corps est un outil magique qui nous supporte tout le long de notre vie. Il nous suit dans nos changements et évolue en fonction de nos besoins. Mais bien souvent, nous sommes confrontés à une incompréhension des signaux qu’il nous envoie. Un peu comme si le corps parlait une langue et le mental une autre.


Corps VS esprit ?

Avant de chercher à comprendre mon corps et à lui donner la parole, je me positionnais en victime. Victime de cette enveloppe qui, non seulement, ne faisait pas ce que je lui demandais mais en plus ne reflétait nullement ce que j’en attendais.


Notre société nous a appris à placer le corps comme quelque chose de trivial. Une simple machine bonne à répondre à nos exigences et qui est bien souvent considérée comme « sale » par rapport à la pureté de l’esprit. Cette façon de penser fait que le corps devient un objet à modeler selon notre volonté. Nous donnons des modèles bien précis à respecter pour que le corps soit considéré comme étant digne d’intérêt. Mais c’est là que le bât blesse car il reste très ironique de constater que même si le corps est considéré comme impure, c’est bien lui que nous voyons (et malheureusement, risquons de juger) en premier et non l’esprit qui lui, reste caché à notre regard.


En toute logique, si tous les corps se ressemblaient, tous les esprits aussi. C’est étrange cette volonté qu’a l’humain de vouloir être normé alors que toute notre beauté est justement dans notre diversité.



Le choix d’aller voir

Je vous mentirais si je vous disais que je suis parfaitement en accord avec mon image. Cependant, je suis passée du stade de « c’est qui celle-là ? Je peux pas me la piffrer! » à « ok, alors pourquoi suis-je comme ça ? C’est quoi le message ? ».


Car le corps nous parle en charade. Une douleur par ci, un blocage par-là, des rondeurs ici mais pas là. En vérité, le corps reflète tout ce que nous cachons à l’intérieur de nous.* Et il est extrêmement désagréable de se dire que tout, absolument tout, ce qu’il nous montre est de notre responsabilité. Fini la victimisation de « c’est mon corps le méchant ».


Le faussé se creuse lorsque l’esprit renie certaines choses (émotions, trauma etc.) et que c’est au corps de les traiter en arrière-plan. Lorsqu’il n’y parvient pas, il nous y confronte par divers moyens plus ou moins violents (petites douleurs, maladies …) pour qu’enfin nous nous en occupions. C’est là qu’est notre responsabilité : allons voir ce que nous cachons. Ce sont des pratiques comme la microkiné et l’ostéopathie qui m’ont aidée à le comprendre : le corps stocke ces souvenirs/ émotions non digéré.e.s et les ressort pour plus tard.

Nous avons cette responsabilité de prendre soin de nous-même. Le corps et l’esprit sont peut-être 2 entités aux fonctions différentes mais les 2 travaillent en binôme et en symbiose.


Faire comme on peut, quand on le peut

En revanche, une fois que nous avons pris conscience de cette responsabilité, nous devons nous autoriser à être patient.e.s. Personnellement, j’ai beaucoup de mal à gérer mes émotions, je le sais et je m’autorise à faire comme je peux. Ce qui se traduit souvent par une descente expresse de toute tablette de chocolat présente chez moi. Mais je vais régulièrement voir de près ces émotions mal digérées et je les traite les unes après les autres. Comme je peux, au rythme qui me convient et naturellement, ma consommation de chocolat diminue.

Forcément, tant que le chocolat me sert de pansement émotionnel, il faut derrière que j’accepte que mon corps reflète ce déséquilibre par une accumulation de poids. Mais plutôt que de l’accabler d’acusations et de jugement, je le remercie d’être patient avec moi.

Le but final est de former une belle team corps/ esprit où chacun trouve son compte et respecte les besoins de l’autre. C’est comme ça que, petit à petit, l’équilibre revient.


Pourquoi ce plaidoyer ?

J’ai voulu écrire ce plaidoyer car, comme pour beaucoup, cette période de confinement me met face à mes limites : les vieilles qui stagnaient car je pensais les avoir régler et celles que je n’avais pas envie de voir.


Nous avons beaucoup d’injonction auxquelles répondre du type « attention à ne pas prendre de poids pendant cette période », « mangez sein », « gardez un rythme de productivité » etc. Bien évidemment, certaines de ces injonctions sont bonnes, je ne dis pas le contraire. Je dis simplement que pour une fois, ne serait-il pas possible de se laisser respirer, de revenir à notre rythme biologique ? Sans s’imposer quoi que ce soit autre que de veiller à répondre à nos besoins ?


Instaurer un peu de douceur sans obligation, sans restriction, ni accusation envers notre corps le mettrait au repos. Car depuis notre enfance, nous lui en demandons beaucoup : répondre à toutes nos demandes, refléter la santé, être productif, se faire discret voir même se faire oublier. Alors pour une fois, remercions-le en l’écoutant. Car plus nous l’écouterons et nous le respecterons, plus il nous le rendra.


Notre corps est notre meilleur allié. Lorsqu’il s’énerve c’est toujours pour notre bien. "

Article rédigé par Lucile de Fun&Yoga


* Si le sujet vous intéresse, je vous conseille vivement le livre « Les cinq blessures qui empêchent d'être soi-même» de Lise Bourbeau.


73 vues

© 2027- Fun&Yoga© made by Héloïse C. Prod